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Critique du roman « Les Fuyants » pour « La Cause littéraire »

Les Fuyants, Arnaud Dudek (Alma Editeur)                                                                                                                                                                                                                                                        

Critique du roman

Quatre personnages. Masculins. Issus de la même famille, ils ne se sentent pas pour autant scellés par les liens du sang. Le premier, David, se donne la mort en avalant une bouteille d’insecticide. Son père Jacob, mis en retraite précocement, est littéralement happé par l’ennui et voit sa vie devenir quasiment vide. Son petit-fils, Joseph, est un geek qui sabote les sites internet d’extrême-droite. Simon, enfin, qui vient de mettre un terme à sa courte carrière d’athlétisme, rencontre une jeune femme dénommée Marie, dans un bar.

Les récits des quatre protagonistes s’alternent ; dans une continuité et une harmonie certaine, sans pour autant s’entrecroiser, du moins dans un premier temps. On suit avec plaisir les péripéties de Joseph, qui navigue entre son monde de forums virtuel, sa famille et son collège. On sourit des efforts de Simon pour séduire cette jolie jeune femme se sentant seule dans un bistrot malgré la présence de ses copines. On devrait également apprécier le récit des efforts de Jacob qui, malgré le vide abyssal tendant à caractériser sa nouvelle vie, tente obstinément d’y maintenir un cap, en essayant notamment de retrouver son fils qu’il n’a pas vu depuis des années.

Quatre destins qui ont peu en commun, quatre vies somme toute assez ordinaires, desquelles n’émerge aucun acte d’héroïsme, ou du moins de dépassement de soi, sans pour autant que la banalité, voire le tragique de ces destins, n’évoque une quelconque tristesse. Car c’est l’humour qui l’emporte dans la lecture des Fuyants, et c’est une légèreté certaine qui caractérise le ton de ce roman de bout en bout. Des mots bien choisis pour des phrases percutantes sont les qualités d’écriture de ce court roman. Une limpidité dans l’écriture et un sens de la ponctuation sont à dénoter également.

Les fuyants c’est aussi un roman résolument contemporain et en phase avec son temps. Un livre sans prétention sociologique mais qui dépeint une certaine France « provinciale », notamment à travers les récits de Simon et Jacob. Quant à celui de Joseph, il illustre assez bien cette génération de collégiens qui souhaitent peser dans le sort du Monde à travers leurs qualités de geeks en tous genres sans que leurs propres parents ne le décèlent, parce que trop coupés des aspirations de leurs enfants.

Un livre sans prétention en soi également. Un livre facile d’accès, qui ne va pas noyer le lecteur dans des considérations humaines ou des intrigues en sus. Un livre court, et qui en demeure d’autant plus efficace parce qu’il va droit au but d’un roman : raconter une histoire.

Pour toutes ces qualités, on ne saurait que recommander la lecture des Fuyants. Et pour ceux qui resteraient encore réfractaires, arguons que Bernard Pivot himself recommande ce livre. Quoi de mieux ? Alors tentez par vous-même, essayez-le. Ce court roman devrait agréablement vous divertir en cette fin d’été.

 

Alexis Brunet

http://www.lacauselitteraire.fr/les-fuyants-arnaud-dudek

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